4.

 

Ses papiers d’identité se trouvaient dans son sac à main. Elle s’appelait Angelika.

Ses vêtements en désordre et des feuilles et des brins d’herbe s’étaient emmêlés à ses cheveux bruns. Elle était étendue, la tête sur une sorte de coussin de verdure.

Comme si quelqu’un lui avait confectionné un oreiller. Il emporta sa photo pour assister à l’autopsie. Le médecin légiste, Pia E:son Fröberg[3], s’affairait sur le corps. Beaucoup de choses lui étaient familières. Le cadavre éclairé. La blouse blanche du docteur, éclairée elle aussi par la vive lumière qui tombait d’en haut. Ces membres dénudés. Sans vie.

Combien de fois s’était-il trouvé là ? Pas un très grand nombre, mais beaucoup trop, naturellement. Une seule, c’était déjà trop.

Il savait qu’elle avait été étranglée. Quelque chose avait été passé autour de son cou et elle n’avait pas réussi à le desserrer ni à le sectionner. Pia le confirma : il pouvait s’agir d’une laisse ou d’un lacet, mais pas de chaussure, plutôt du genre de ceux dont on se sert pour attraper des animaux. Éventuellement d’une corde.

L’alerte leur avait été donnée quelques heures plus tôt. Qu’avait-il fait, alors ? Cette pensée l’effleura soudain : qu’est-ce qu’il avait fait, au juste ?

Qu’avait-il fait au cours de l’heure précédant l’événement. Qu’avait fait Angelika Hansson ?

Il avait bu, peut-être un peu trop. Peut-être avait-elle tenu quelqu’un par la main, pour sa part, elle.

Elle avait dix-neuf ans. Il repensa à ce que Halders lui avait dit à propos de Jeanette Bielke et de son témoignage. Elle avait dix-neuf ans, elle aussi, et n’était étudiante que depuis un peu plus d’un mois. Elle avait obtenu le « certificat de compétence lycéenne », pour reprendre l’expression de Halders. Quoi qu’il en soit, il y avait une casquette d’étudiante dans sa chambre, chantons les jours joyeux de la vie estudiantine. Angelika possédait-elle une casquette d’étudiante, elle aussi ? Connaissait-elle Jeanette ? Avaient-elles des amis communs ?

— Elle était enceinte, annonça Pia E:son Fröberg, qui s’était approchée de lui.

Winter hocha la tête sans rien dire.

— Tu m’entends, Erik ?

Il opina de nouveau du chef.

— On dirait que tu deviens de moins en moins loquace, au fil des ans.

Au fil des saisons, plutôt, pensa-t-il.

— De combien de mois ? demanda-t-il.

— Je ne peux pas le dire exactement. De quelques semaines, pas davantage, répondit-elle en regardant à nouveau le corps de la jeune fille. Je me demande si elle le savait elle-même.

— Tu en es certaine ?

— Absolument.

Winter fit deux pas en direction du corps. Ils ne savaient encore rien d’elle, à part ce qu’ils avaient trouvé dans son sac à main et qui était maintenant auprès du commissaire Beier, au service de police scientifique.

Il n’allait pas tarder à se rendre chez elle. Il avait l’adresse. Ses parents n’étaient qu’à quelques mètres de là, dans une autre salle, violemment éclairée elle aussi. Deux visages blêmes, sous le choc.

Il n’avait pas encore vu de petit ami, ni qui que ce soit qui aurait pu en tenir lieu. Personne, en dehors de ses parents, qui ne fût son aîné de plus de quelques années. Les gens avaient des enfants vers vingt-deux ans. Angelika était l’une de ceux-ci. Leur fille était enceinte. Le savaient-ils ?

— Qu’est-ce que vous dites ! s’écria cet homme dont le visage était devenu livide, Lars-Olof Hansson, père de la jeune fille.

Sa femme, Ann, la mère d’Angelika, se tenait à côté de lui, les yeux rapetissés par la peine et le désespoir.

— Qu’est-ce que vous dites !

Winter répéta les propos qu’il venait de tenir.

— Mais ça fait deux ans qu’elle n’a plus de petit ami, dit le père. Tu lui en connais un, toi ? demanda-t-il à sa femme.

Celle-ci secoua la tête.

— Ce n’est pas possible, reprit le père en se tournant à nouveau vers Winter. C’est totalement exclu.

— Elle ne… m’en a jamais parlé, dit la mère en regardant Winter avec des yeux qui avaient retrouvé leur taille normale. Elle me l’aurait confié, ajouta-t-elle en lorgnant vers son mari. On se disait tout. Tu le sais bien, Lasse.

— Oui.

— Tout, répéta-t-elle.

Elle ne le savait pas, pensa Winter. Je crois qu’elle ne le savait pas. Pia ne lui avait pas encore donné tous les détails. Mais il ne s’agissait pas forcément d’un petit ami au sens habituel du terme. Il pouvait s’agir d’un partenaire occasionnel. Combien en avait-elle eus ? Il observa les parents. Toutes ces questions qu’il allait devoir leur poser, au pire des moments. Et pourtant le plus propice, aussi, puisque tout était encore… frais. Il songea au corps de cette jeune fille, sur la table métallique, dans la pièce voisine.

— Nous avons besoin de savoir tout ce qui concerne ses amis, leur dit-il. Tout ce qui peut vous venir à l’esprit.

— Y a-t-il un rapport entre cette… grossesse et le meurtre ? s’enquit le père en regardant durement Winter.

— Je ne sais pas.

— Pourquoi poser autant de questions à propos de ça, alors, bon sang ?

— Lasse, intervint sa femme.

— Quoi ? s’exclama-t-il en se tournant vers elle.

— Il fait son travail, dit-elle. (À son expression, Winter estima qu’elle avait quelque peu récupéré.) Nous aussi, nous désirons savoir, n’est-ce pas ?

Je fais simplement mon boulot, se dit Winter.

Ils étaient dans le bureau de Halders. J’y suis rarement venu, pensa Winter. Je me demande pourquoi.

Il n’y avait strictement rien sur les murs. Même pas un lavabo. Seulement une patère, près de la porte, mais aucun manteau ni veste n’y était accroché. La fenêtre donnait sur le stade d’Ullevi, plongé dans l’ombre. Aucune voiture ne circulait dans la rue, aucun piéton non plus. Même si Halders avait ouvert la fenêtre, on n’entendait pas d’autre bruit que celui du système de ventilation qui faisait circuler l’air d’une pièce à l’autre.

— Au lycée Schiller, dit Halders.

— Mmm.

— Ils sont trente-trois, dans sa classe.

— Ah.

— Vous étiez aussi nombreux, vous, quand tu étais au lycée ? demanda Halders en regardant Winter par-dessus le bureau, sur lequel étaient posés deux paniers à courrier contenant une foule de papiers.

— Au lycée ? Je ne me souviens plus combien on était, exactement. Une vingtaine, peut-être.

— Mais tu étais dans un établissement privé, hein ?

— Malheureusement, oui.

— Il est trop tard pour t’excuser.

Winter eut un sourire.

— Nous disions donc : lycée Schiller, section Sciences sociales, répéta Halders en levant les yeux vers Winter puis les baissant à nouveau sur le papier qu’il avait devant lui. Elle ne lui a pas servi à grand-chose, la société. C’est le genre de connaissances dont elle aurait pu se dispenser.

— Il va falloir qu’on entende tous ses camarades de classe, dit Winter.

— Beaucoup sont à l’étranger.

— Commençons par ceux qui sont restés au pays.

— Les autres finiront bien par rentrer, dit Halders. Quand la belle vie, là-bas, sera terminée pour cette fois-ci.

Par la fenêtre ouverte, Winter perçut une odeur et vit les drapeaux osciller au vent, sur les mâts, devant le stade. Il était clair que ce léger souffle d’air avait tourné.

— Quel établissement fréquentait Jeanette Bielke, la jeune fille de Långedrag ? demanda Halders.

— Le lycée Sigrid Rudebeck.

— Privé ?

— Oui.

— N’est-ce pas celui que tu fréquentais ?

Winter hocha la tête.

— Alors, tu t’en charges ?

Winter hocha de nouveau la tête.

— Combien étaient-ils dans sa classe, à elle ?

— Vingt, répondit Winter en se levant pour regagner son bureau.

Il avait l’intention de boire un verre d’eau et d’appeler son ancien lycée. Peut-être aurait-il la chance de tomber sur son professeur principal de jadis. Celui-ci était jeune, à l’époque. À présent il était proviseur de l’établissement, Winter l’avait lu quelque part.

Il s’assit, décrocha le combiné mais fut aussitôt pris d’une certaine hésitation et reposa l’appareil. Il tendit la main vers l’une des chemises et se mit à lire. Il chercha un détail dans un des rapports. Il ne savait pas quoi, au juste ; il ne manquerait pas de le reconnaître, quand il le verrait.

Halders retourna en voiture chez la famille Bielke. Il était seul et avait annoncé sa venue au téléphone. Il se gara et enfila l’allée gravillonnée. Jeanette était assise sur la terrasse couverte. Halders se demanda brièvement à quoi elle pensait.

Levant les yeux, elle l’aperçut et donna un instant l’impression de se trouver mal.

— On s’en va d’ici, dit Halders, une fois près d’elle.

Elle ne bougea pas.

— Tu ne veux pas aller faire un tour à Saltholmen ?

Elle haussa les épaules. Irma Bielke sortit sur la terrasse et regarda sa fille.

— On va aller faire un tour, lui dit Halders, mais elle ne sembla pas l’entendre.

Ils sont tous en état de choc, pensa-t-il. Leur petit monde bien paisible a volé en éclats et la réalité est venue imposer sa présence jusqu’ici.

Jeanette monta à bord de la voiture, qui avait chauffé au soleil. Halders démarra. En actionnant le levier de changement de vitesses, il effleura le genou gauche de la jeune fille, qui sursauta violemment. Il fit comme si de rien n’était, descendit l’allée et déboucha sur la route.

— Tu as un endroit favori, là-bas ? demanda-t-il lorsqu’ils approchèrent des rochers et des pontons.

— Oui…

— Tu veux qu’on aille s’y asseoir ?

Elle haussa les épaules.

Il y avait beaucoup de voitures. Halders se gara de façon négligente devant le kiosque du marchand de glaces et disposa son badge derrière le pare-brise. Bien des gens passaient par-là, pour gagner les bateaux ou en revenir. Un enfant pleurait, traîné de force par ses parents.

— Montre-moi le chemin, dit-il. Tu veux une glace, au fait ?

Elle haussa les épaules.

— Chaque fois que tu hausses les épaules, j’interprète cela comme une réponse positive.

Elle eut un petit sourire.

— Une bonne vieille vanille, répondit-elle. Et du mélange céleste.

La glace se mit à couler le long des doigts de Halders, tandis qu’ils se dirigeaient vers les rochers. Il se les lécha aussi vite qu’il put. Elle avait choisi une coupe.

Ils escaladèrent les rochers et redescendirent de l’autre côté. La mer s’ouvrait devant eux. Il y avait des voiles partout. Le vent répandait une très forte odeur de sel chaud. Il y avait moins de monde qu’il ne l’aurait cru, sur les rochers. Personne n’avait pris la place de Jeanette.

— C’est ici, dit-elle.

Ils s’assirent.

Elle observa le goulet qui fermait presque la petite baie. Un garçon plongea, de l’autre côté.

— Je suis venue là le même jour, dit-elle.

Halders hocha la tête.

— C’est assez irréel, enchaîna-t-elle en regardant Halders. C’est un peu comme un autre… temps. Ou bien un autre pays, ajouta-t-elle en posant les yeux sur la mer. Comme si ce n’était même pas arrivé. Comme un rêve, hein ?

Elle regarda à nouveau Halders. Qu’est-ce que le rêve et qu’est-ce que la réalité ? se demanda-t-il.

— Je ne peux pas dire ce qui est du rêve et ce qui est la réalité, fit-elle. J’aimerais bien le savoir… et puis ce qui s’est passé dans chaque… mais il n’en est rien.

Halders observa ce visage fermé et triste. Quelque chose s’y était clos, pour de bon. Elle s’est fanée, pensa-t-il. Quelque chose s’est éteint en elle. Je serais capable de le tuer, ce salaud. Oui. Non. Ce n’est pas une solution. Cela ne permettrait pas une réinsertion dans notre bonne société.

— Tu ne connais pas Angelika Hansson, n’est-ce pas ?

— Non, je vous l’ai déjà dit.

— Tu l’as peut-être rencontrée ?

— Je me souviendrais d’elle, dans ce cas.

Elle avait vu des photos d’Angelika. Halders en avait une dans sa poche intérieure, mais il ne la sortit pas.

— Elle vient de passer son bac, elle aussi.

— Vous pensez qu’on devrait se connaître, alors ?

— On fête ça ensemble, non ?

— Vous parlez sérieusement ? Vous savez combien on est à quitter le lycée, chaque année, à Göteborg ?

— Non.

— Moi non plus. Mais on est assez pour qu’il ne soit pas possible d’organiser une seule fête. On parle de « bal » d’ailleurs. Le bal des étudiants, précisa-t-elle en regardant Halders.

Le stade suivant, c’est une audience chez Sa Majesté, pensa Halders.

On plongea à nouveau, de l’autre côté. Et ils entendirent quelqu’un dans les rochers, au-dessus de leurs têtes.

— Qu’est-ce qui s’est passé, avec ton petit ami ?

— Ça n’a rien à voir avec cette affaire.

— Dis-moi quand même.

— Et si je refuse ?

Ce fut au tour de Halders de hausser les épaules.

Elle suivit du regard un bateau qui se glissait dans le goulet, pour gagner la pleine mer. À bord, un homme fit un signe de la main, mais elle ne répondit pas à son salut.

— On a rompu, c’est tout.

Voyant que le navigateur continuait à agiter la main, Halders lui répondit, pour y mettre un terme.

— Il n’a peut-être pas apprécié.

— Je ne vous suis pas.

— Il n’était sans doute pas prêt à accepter ça.

— Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

Halders ne répliqua pas.

— Faut pas les croire.

— Qui ?

— Papa et maman, bien sûr. C’est eux qui vous ont dit ça, hein ? Je suppose qu’ils vous ont parlé de dispute ou de quelque chose dans ce goût-là.

Halders attendit pour répondre.

— Ils ne l’ont jamais aimé, reprit-elle.

— Mais c’est fini, maintenant ?

— Oui.

— Oui ?

— Je vous ai dit que c’était terminé, bon sang. Ça ne vous est jamais arrivé, à vous ? demanda-t-elle en le regardant dans les yeux.

— Si.

— Est-ce qu’il a fallu que vous expliquiez pourquoi ? Ou et comment ça s’est passé ? À un détective ?

— Non.

— Eh bien alors.

— Vous savez pourquoi je vous pose la question, dit-il en sentant le soleil brûler la partie chauve de son crâne et se disant qu’il faudrait qu’il se procure une casquette, mince et ordinaire, pas une de ces satanées casquettes de base-ball. Il s’est présenté chez vous une ou deux fois et a demandé à entrer, hein ?

— Une fois, peut-être. Un soir.

— Et il était un peu… énervé. Il voulait absolument vous parler.

— Il était ivre.

— Pourquoi ?

— Mon Dieu.

— Pourquoi ? insista Halders.

Elle poussa un profond soupir.

— Il était très triste.

— Parce que c’était fini entre vous ?

Elle haussa les épaules. Une façon d’acquiescer.

— Mais vous teniez à ce que ce soit terminé ?

Cette fois, elle hocha la tête.

Elle me cache quelque chose, pensa-t-il. Quelque chose d’important. Qu’est-ce que c’est ?

— Et il n’a pas compris ça ? Que c’était bel et bien terminé ?

— Est-ce qu’on ne pourrait pas cesser de parler de Mattias ? Pourquoi toujours lui ?

— Est-ce que vous l’avez vu… depuis ?

— Depuis que j’ai été violée ?

— Oui.

— Eh bien, dites-le : violée. Violée.

Halders vit une femme vaciller, en haut des rochers, au-dessus d’eux.

— … depuis que vous avez été violée.

— Non, je ne l’ai pas revu. Et vous ?

— Non.

— Vous devriez. Puisque vous n’arrêtez pas de parler de lui.

— Je vais le voir. Demain.

— Pas la peine. C’est pas lui, si c’est ce que vous pensez.

Winter lisait. Est-ce que ça commençait – ou plutôt : recommençait – avec Jeanette Bielke ? Et continuait avec Angelika Hansson ? En attendant d’autres, peut-être.

Il ressentait cette fatigue à laquelle il était habitué. Ces interrogations à propos des crimes qui avaient été commis. De ceux qui attendaient d’être commis. Inexorablement.

Quelque chose avait changé, néanmoins. Il pensait que c’était une seule et même personne qui avait violé Jeanette Bielke et tué Angelika Hansson. Parfois, c’était mieux que de savoir, c’était une aide, quelque chose sur quoi s’appuyer.

Encore un crime qui attendait d’être commis et, sur le bureau, devant lui, il avait le résultat de ce qui s’était passé jusque-là. Il avait aussi ressorti tout ce qu’il avait sur l’affaire Beatrice Wägner, avec le sentiment déplaisant d’être de nouveau face à un crime affreux. Un peu comme une rencontre dans la pénombre.

Il avait encore dans les oreilles la voix de son père, pas plus de deux mois auparavant. Ils étaient restés en contact pendant toutes ces années. Winter n’aurait pas su dire pour qui ils l’avaient fait.

Tant que je parle avec quelqu’un de la famille, l’affaire ne peut pas être classée, se dit-il.

Voilà qu’une seconde chance nous est offerte.

Soudain, son portable se mit à sonner, sur la table. Il put voir, au numéro qui s’affichait, que c’était sa mère qui l’appelait depuis les montagnes de l’Andalousie, au-dessus de Marbella. Une maison blanche, avec trois palmiers dans le jardin. Terrasse, soleil et ombre. Il y était allé, au siècle précédent, deux ans auparavant, lorsque son père avait été enterré sous la Sierra Blanca.

— Comment allez-vous, par cette chaleur ?

— Et toi ? demanda Winter.

— À la télévision, ils disent qu’il fait plus chaud en Scandinavie qu’au sud de l’Espagne.

— Eh bien, le tourisme va changer de direction. Ce sont les Espagnols qui vont venir ici chercher le soleil.

— Je n’y vois pas d’objection, en ce qui me concerne.

Il entendit un bruit de glaçons dans des verres, autour d’elle, et regarda sa montre. Un peu plus de cinq heures. The Cocktail Hour. Happy hour. Le moment était venu d’un martini bien frais et bien sec. J’en prendrais volontiers un moi-même.

— Qu’est-ce que tu fais, sinon ? s’enquit-il.

— Pas grand-chose.

— Lotta m’a dit que tu voulais qu’on vienne au mois de septembre.

En effet, sa sœur lui avait parlé, la veille, d’une réunion de famille sur la Costa del Sol.

— Il faut que vous veniez, pour que je puisse embrasser Elsa. Et vous tous, bien entendu.

— Tu n’as qu’à rentrer au pays.

— Les enfants aiment beaucoup venir ici.

— Quels enfants ? On n’a qu’Elsa.

— Ceux de Lotta, bien sûr.

— Ils sont adolescents.

— Allons, Erik. Comment va Elsa, au fait ?

Il entendit à nouveau le bruit des glaçons et se mit à penser à un bon bain et à une boisson fraîche.

— Elle n’arrête pas de jacasser.

— Elle parle beaucoup ?

— Des journées entières.

— C’est formidable.

— Oui, n’est-ce pas ?

— Elle ira loin.

— Pour l’instant, elle ne va nulle part. Elle a décidé d’observer une petite pause dans sa croissance.

À nouveau, ce petit bruit très frais qui le fit frissonner. Il avait vraiment besoin d’un drink.

— Bientôt, elle va courir partout dans l’appartement.

Winter ne répondit pas.

— Vous devriez vraiment commencer à penser à une maison, Erik.

— Oui oui.

— Au moins pour Angela. Tu le comprends bien, n’est-ce pas ? Elle ne peut pas continuer à monter et descendre sans arrêt l’escalier en portant la petite et la voiture d’enfant.

— Il y a un ascenseur.

— Tu comprends ce que je veux dire.

— On est deux à porter, quand il le faut.

— Erik.

— On se plaît en ville.

— Angela aussi, vraiment ?

Il ne répondit pas. Ce n’était pas un problème, d’autres choses étaient plus préoccupantes. Il se remit à y penser, à celles-là.

La porte s’ouvrit et Halders entra sans frapper.

— J’ai de la visite, dit Winter à l’appareil.

Puis il ajouta un au revoir et raccrocha.

Je voudrais que cela ne finisse jamais
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